Léo COQUET 

Léo COQUET 

Soutenance prévue en 2018

À l’heure où j’écris ces lignes nous sommes au début de l’automne 2017 et c’est à peu de choses près à la même époque de l’année il y a cinq ans que j’entrais en doctorat. Nous étions alors en septembre 2012 et je venais tout juste d’obtenir un Master en Arts Plastiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce diplôme était l’accomplissement de deux années de recherches menées au département Arts et Sciences de l’Art. Mes recherches étaient alors portées autour du vide, ou plutôt de l’infra mince, tant il y avait toujours une intervention qui bien que minimaliste ou immatérielle ne pouvait se résumer par du rien. D’une manière ou d’une autre, le vide était le fil rouge de mon travail quelque soit les médiums que j’utilisais – et que j’utilise toujours – que sont l’impression, l’installation ou l’action performative. Cela se traduisait autant symboliquement par des réflexions d’ordre purement conceptuelles sur la possibilité du vide et sur sa matérialité, que graphiquement par un travail de références et de détournements des symboles des divers mouvements ou courants de pensée qui ont travaillé avec le vide. Mon travail était en effet baigné de références à la contreculture, à l’histoire de l’art et à l’histoire contemporaine. Mixer des références est une manière de convoquer des univers parfois totalement éloignés et de travailler à partir de ces écarts. Parmi les références importantes de mes recherches se trouve en bonne place la pensée du minimalisme de l’architecte Ludwig Mies van der Rohe, qui a eu une forte influence sur moi pendant mes années à l’École Boulle. Les principes de dépouillement, d’efficience et d’économie et le fameux slogan « less is more » sont profondément marqué en moi. D’autant plus qu’ils résonnent particulièrement avec l’univers musical auquel j’appartiens. Que ce soit avec le punk, qui a complétement dépouillé le rock’n’roll pour en faire un condensé d’explosivité ou la culture hip-hop de la punchline qui condense l’écriture en barres et en slogan fort, à la manière de la poésie en haïku. Cette manière de procéder par mises en relations, était particulièrement influencée par la pensée de Nicolas Bourriaud développée dans son essai Post-production. Dans cet essai, l’auteur montre combien l’artiste contemporain se rapproche de la figure du Dj. L’artiste-Dj est détaché de son rôle de producteur d’objets culturels et sa production repose sur l’agencement de ready-made culturels. À la fois passionné de musique et sensible à l’appropriation art, au graffiti et à l’art minimal, j’ai travaillé à réaliser des rencontres, avec lesquelles je mettais en récit le monde contemporain.