Introduction au mémoire de: 

AUDE POUJOULY

                                                    Béton et mousse polyuréthane                                         De l’expérimentation à la révélation

            Le béton et la mousse polyuréthane ne sont pas connotés à l’art, ni à l’artisanat mais plutôt au bâtiment. Cependant de nombreux artistes les ont choisis comme matières de prédilection. Ils offrent diverses possibilités d’exploitation parce qu’ils sont chimiques, industriels, et donc, extrêmement contemporains. Ils n’ont pas de couleurs attrayantes, ni de formes ou d’odeurs plaisantes. Et pourtant ces matériaux peuvent être en soi, plastiquement intéressants. Est-il vraiment possible de sublimer un objet tout en conservant ses impuretés d’origine ou bien faut il le dresser jusqu’à ce qu’il respecte certains critères esthétiques?

            Ces matériaux ont chacun des caractéristiques et une histoire qui leurs sont propres. La mousse polyuréthane est une matière à la fois divertissante et ingérable. Elle varie selon les conditions atmosphériques et autres facteurs indépendants, qui vont impacter son expansion. Le béton, quant à lui, est un matériau du quotidien, nous le côtoyons tous chaque jour, à tel point qu’il en deviendrait presque invisible. Il est néanmoins présent dans une grande majorité, si ce n’est pas dans la totalité, de nos infrastructures, et l’on compte pas moins de deux tonnes et demi de béton produites par année pour chacun d’entre nous.[1] Mon expérimentation me permettra avec le temps d’acquérir, volontairement ou non, et de développer ma connaissance du matériau par la pratique et par une confrontation plus ou moins longue de ces matières en interaction avec le monde.

            La matière est le départ de l’Idée, je pars du « Faire », de l’acte pour arriver au discours, à la référence, à la réflexion théorique. Ce n’est qu’après les temps de séchage que je peux décider ce que je vais en faire. Je me soumets aux lois de mon médium et du hasard dans l’hétéronomie la plus totale. L’autonomie vient ensuite, lors de la réflexion théorique et de la fréquente modification par l’assemblage, le tronçage ou encore l’installation.

            Malgré l’emploi de matériaux polluants, je ne jette rien, tout est conservé et tout aura une utilité. Certains vont se dégrader, se rétracter, se fragiliser, se transformer avec le temps, et c’est ce qui fera qu’ils deviendront plastiquement intéressant, d’autres seront réutilisés.
           De plus en plus de manifestations et d’innovations liées à l’écologie voient le jour. Celle qui nous intéressera plus particulièrement sera la biomimétique. C’est un processus créatif interdisciplinaire, reliant la biologie et la technologie dans le but de résoudre des problèmes anthropocentriques par l'abstraction, le transfert et l'application de connaissances issues de modèles biologiques. Ce nouvel art de construction s’inspire des formes, matières, propriétés, processus et fonctions du vivant. Serait ce une nou
velle voie pour ces matériau si polluant?

 

[1] Andrian Forty, Concrete and Culture: A Material History, Londres, Reaktion Books, 2012, p.69

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