Introduction au mémoire de:

Lorena HERNANDEZ PUERTA

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Noyés depuis ces dernières décennies dans l’ère de l’anthropocène, « l’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète »2, à tel point qu’il est en train de transformer son territoire pour en construire des nouveaux. Un véritable fait de notre civilisation, qui correspond à une évolution profonde des mentalités. Le développement rapide que connaissent les sociétés et les économies occidentales depuis la Seconde Guerre Mondiale s’accompagne d’un exode rural, d’une urbanisation massive et d’une dégradation de l’environnement. C’est dans cet univers en mutation du paysage naturel que cette recherche pose son regard. Un regard qui se veut désireux de requestionner et de décloisonner ce concept tellement figé dans nos esprits, tout en démultipliant des nouvelles possibilités d’appréhender le monde.  

Comme l’expose l’anthropologue Philippe Descola, cette recherche est la porte pour une « coexistence moins conflictuelle entre humains et non-humains, et tenter ainsi d’enrayer les effets dévastateurs de notre insouciance et de notre voracité sur un environnement global dont nous sommes au premier chef responsables3 ». 

Cette recherche se veut ainsi comme un voyage intime et personnel qui interroge mon appartenance et ma relation au monde, comme artiste et comme être humain. Je porterai mon regard sensible, spirituel et intellectuel à cette nouvelle ère qui nous habite et qui nous fait face. Ce travail n’est seulement qu’une excuse pour mieux me connaître et creuser plus profondément des inquiétudes qui me traversent depuis quelques années. Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de prendre le temps et de décortiquer depuis différents angles mes préoccupations envers notre Maison qui nous salue et nous abrite tous les jours à bras ouverts.  

 

C’est ainsi que nous nous demandons : 

En quoi la modernité nous a emmené à nous détruire ?  

Quels sont les principes de l’Anthropocène ?  

L’anthropocène est-il le début de la fin ? 

Quels imaginaires sont à mobiliser pour penser le paysage d’aujourd’hui et de demain ?  

En quoi la construction de nouveaux paysages engendre des nouvelles habitations de notre monde ? 

Quelles mesures devons-nous entreprendre pour arriver à un échange sain avec notre environnement ?  

Quel avenir pour le paysage naturel à l’heure de l’anthropocène ?  

Que peut faire l’art pour la vie ? 

Quelle place donner au paysage dans notre vie ? 

Pour répondre à ces problématiques, nous aborderons tout au long de ce travail plusieurs projets personnels, afin d’étudier premièrement l’histoire, la genèse et les parti pris du paysage, pour ensuite traverser et questionner l’anthropocène et son univers. Dans un deuxième temps, nous analyserons le pouvoir émancipateur de l’art à travers des imaginaires qui font appel à la fiction, à notre propre réalité pour ensuite ouvrir la possibilité à l’invention des nouvelles lignes de fuite que sont les cartographies et ses manières de les représenter et les expérimenter. Finalement, nous aborderons le concept du paysage dans son entièreté en prenant comme point de départ la marche et ses déroutes, pour ensuite examiner le pouvoir de la main et son savoir faire. Par la suite, nous exalterons la force et le devenir du corps dans le paysage pour conclure ainsi avec une apologie de la vie avec un manifeste poésie.  

Ce récit se veut académique mais il est avant tout personnel, il m’appartient et fait partie de moi. De ce fait, je passerai de temps à autres de l’impersonnel au ‘’je ‘’, du ‘’nous’’ au ‘’vous’’, au ‘’moi’’. C’est l’expérience vécue, mon ressenti qui va guider le récit et va engendrer la réflexion. Il s’agit d’un voyage continuel de mon existence, de mes hésitations et de mes rêveries comme être vivant qui habite le monde.  

Des échos vont faire surface pour devenir des gestes, des images, puis des mots, des paroles. Le silence apparaîtra et puis la rêverie continuera, sans limites, sans fin.